La sécurité physique et émotionnelle

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La sécurité physique et émotionnelle

La pratique du Kinbaku n’est pas sans risques de sécurité physique et émotionnelle. Il est sain de se renseigner avant de se lancer. Que l’on soit pratiquant BDSM ou pas, la pratique repose sur un échange de pouvoir entre deux personnes. Cet échange est basé sur une confiance mutuelle absolue.

Il ne faut jamais oublier que celui qui mène le jeu est au service de l’autre. Ce principe vaut également pour les personnes pratiquant en couple
Il convient aussi de garder en tête que l’attaché n’est pas forcément masochiste ou soumis ni à la disposition de l’attacheur.

 

Les règles de sécurité physique, l’anatomie

Il ne faut jamais utiliser de nœud coulant dans le Kinbaku ni attacher directement des articulations. Nous vous conseillons de garder un œil sur la montre lorsque vous attachez. Il est de la responsabilité de l’attacheur de contrôler régulièrement le placement des cordes. Par conséquent leurs tensions mais aussi la température corporelle, le tonus musculaire de son partenaire.
Néanmoins, ce dernier est actif dans la pratique. Il doit lui signaler toute sensation anormale et être à l’écoute de ses ressentis.

 

Les deux principaux risques physiques rencontrés sont :

  • La compression sanguine : elle se traduit par un bleuissement des membres et une sensation d’engourdissement (grosses fourmis). Elle n’est pas dangereuse car la pression se fait en surface (vaisseaux sanguins), les artères permettant le transport de l’oxygène ne sont pas touchées ET parce que les nœuds utilisés ne sont pas coulants. 
  • La compression du nerf radial : Son atteinte se traduit par une sensation non douloureuse sur le dessus de la pince pouce-index ; une sorte de fourmillement, type courant électrique très léger.

D’autres nerfs peuvent être touchés : le plexus brachial, situé à la base biceps, les nerfs sciatique ou crural, des lombaires à la cuisse (arrière ou avant) peuvent perdre en sensitivité.

 

Sécurité physique: le nerf radial 

Il s’agit d’un nerf mixte : sensitivo-moteur.

Il prend son origine au niveau du plexus brachial (creux interne de l’épaule). Ensuite, ce nerf passe ensuite au niveau du creux axillaire (aisselle) et se prolonge le long du bras jusqu’au coude où il se divise en deux branches :

  • une branche profonde qui se prolonge sur la face postérieure de l’avant-bras ;
  • une branche superficielle qui chemine le long du bord latéral du radius jusqu’à la main

Contrairement à la compression sanguine qui est visible, celle du nerf radial est indétectable par le rigger. Le rôle de ce dernier est d’ajuster la tension de ses cordes, observer la morphologie de son partenaire et vérifier la tonicité des mains en cours de session.  C’est l’attaché qui va ressentir un chatouillis localisé sur le pouce et l’index d’une main si un passage de corde est mal placé.

Important: Si vous sentez que votre nerf radial est touché, ne pensez en aucun cas que cela va passer : ERREUR FATALE.  Il faut immédiatement prévenir votre attacheur qui déplacera les cordes ou si la sensation ne passe pas vous détachera.

 

En cas d’incident:

  • Prenez rendez-vous chez votre médecin traitant ou auprès d’un spécialiste.  
  • La perte de sensation et de motricité peut durer de quelques minutes à plusieurs mois.
  • Prenez des nouvelles régulièrement si ce n’est pas votre partenaire de vie. Il est en effet très dur psychologiquement d’être diminué d’une fonction aussi essentielle que la préhension. Inutile d’en rajouter en considérant l’incident comme banal.

 

Le consentement & les endorphines

La pratique du Kinbaku, comme toute activité physique, entraîne la sécrétion d’hormones, notamment les endorphines. Cette molécule, morphine euphorisante naturelle, intervient pour soulager la douleur ressentie.  Le taux d’endorphines est lié à l’intensité de la pratique, il peut mettre plusieurs jours à redescendre. On ne devient pas dépendant mais il est mieux d’espacer les séances. Par conséquent, le corps et l’esprit ont le temps de revenir à la normale.

La pratique entraîne chez l’attaché dans un état modifié de conscience. De fait, la prise de décision/ la conscience de soi sont altérées.  Aussi, il est important de ne pas consommer de substances récréatives ou d’alcool avant la session. Ceci a pour conséquence de ne pas fausser la perception des sensations et biaiser un consentement éclairé.

Il vaut mieux manger avant une session et prévoir des activités calmes après.

Négocier un cadre, poser des limites

Pour anticiper sur cet état modifié de conscience, une discussion en amont de la session afin négocier un cadre de jeu est nécessaire. Les renseignements sur l’état moral et physique de la personne attachée (diabète, asthme, pb cardio, épaule luxée…) sont très importants.

Cette étape, indispensable, doit pouvoir être abordée sereinement et sans détours.

Concrètement ; il faut se renseigner sur les aspirations de chacun les envies/ non-envies AVANT de démarrer. Ce n’est pas une fois qu’on a la tête en bas qu’on négocie ses limites.

Important: Les attacheurs doivent rassurer l’attaché sur le fait qu’à tout moment il peut retirer son consentement sans avoir à se justifier.

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