La sécurité physique et émotionnelle

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La sécurité physique et émotionnelle

La pratique du Kinbaku n’est pas sans risques de sécurité physique et émotionnelle. Il est sain de se renseigner avant de se lancer. Que l’on soit pratiquant BDSM ou pas, la pratique repose sur un échange de pouvoir entre deux personnes. Cet échange est basé sur une confiance mutuelle absolue.

Il ne faut jamais oublier que celui qui mène le jeu est au service de l’autre. Ce principe vaut également pour les personnes pratiquant en couple
Il convient aussi de garder en tête que l’attaché n’est pas forcément masochiste ou soumis ni à la disposition de l’attacheur.

 

Les règles de sécurité physique, l’anatomie

Il ne faut jamais utiliser de nœud coulant dans le Kinbaku ni attacher directement des articulations. Nous vous conseillons de garder un œil sur la montre lorsque vous attachez. Il est de la responsabilité de la personne qui attache de contrôler régulièrement le placement des cordes. Par conséquent leurs tensions mais aussi la température corporelle, le tonus musculaire de son partenaire.
Néanmoins, la personne attachée est active dans la pratique. Elle doit signaler toute sensation anormale et être à l’écoute de ses ressentis.

 

Les deux principaux risques physiques rencontrés sont :

  • La compression sanguine : systématique puisque le bondage consiste à lier des parties corporelles, elle se traduit par un bleuissement des membres car le sang s’engorge et circule moins. Lorsque la tension est relâchée par une sensation d’engourdissement (grosses fourmis). Elle n’est pas dangereuse car la pression se fait en surface (vaisseaux sanguins), les artères permettant le transport de l’oxygène ne sont pas touchées ET parce que les nœuds utilisés ne sont pas coulants. 
  • La compression du nerf radial : Son atteinte se traduit par une sensation non douloureuse (puisqu’il s’agir d’une perte de sensation et de motricité), souvent localisée sur le dessus de la pince « pouce-index » ; une sorte de fourmillement, type courant électrique très léger. Elle est dangereuse. Elle peut entrainer une perte de la motricité allant de quelques heures à quelques semaines. 

D’autres nerfs peuvent être touchés : le plexus brachial, situé à la base biceps, les nerfs sciatique ou crural, des lombaires à la cuisse (arrière ou avant) peuvent perdre en sensitivité.

 

Sécurité physique: le nerf radial 

Il s’agit d’un nerf mixte : sensitivo-moteur.

Il prend son origine au niveau du plexus brachial (creux interne de l’épaule). Ensuite, ce nerf passe ensuite au niveau du creux axillaire (aisselle) et se prolonge le long du bras jusqu’au coude où il se divise en deux branches :

  • une branche profonde qui se prolonge sur la face postérieure de l’avant-bras ;
  • une branche superficielle qui chemine le long du bord latéral du radius jusqu’à la main

Contrairement à la compression sanguine qui est visible, celle du nerf radial est indétectable par la personne qui attache. Le rôle de cette dernière est d’ajuster la tension de ses cordes, d’observer la morphologie de son partenaire et vérifier la tonicité des mains en cours de session.
C’est la personne attachée qui va ressentir un chatouillis localisé sur le pouce et l’index d’une main si un passage de corde est mal placé. 

Important: Si vous sentez que votre nerf radial est touché, ne pensez en aucun cas que cela va passer : ERREUR FATALE.
Il faut immédiatement prévenir votre partenaire qui déplacera les cordes et si la sensation ne passe pas (dans les quelques minutes) vous détachera (mains, bras, buste). 

 

En cas d’incident:

  • Prenez rendez-vous chez votre médecin traitant ou auprès d’un spécialiste.  
  • La perte de sensation et de motricité peut durer de quelques minutes à plusieurs mois.
  • Prenez des nouvelles régulièrement si ce n’est pas votre partenaire de vie. Il est en effet très dur psychologiquement de se sentir diminué(e) d’une fonction aussi essentielle que la préhension. Inutile d’en rajouter en considérant l’incident comme banal.

Attention: les dommages nerveux sont cumulatifs. C’est à dire que même si vous ressentez légèrement des picotements durant votre pratique sans aller jusqu’à la paralysie, un jour cela ne pardonnera pas. Ce ressenti n’est pas anodin et témoigne d’un mauvais placement de cordes et peut être d’une morphologie plus fragile. Parlez en à votre enseignant(e) et trouvez ensemble des options sécuritaires.

 

Le consentement & les endorphines

La pratique du Kinbaku, comme toute activité physique, entraîne la sécrétion d’hormones, notamment les endorphines. Cette molécule, morphine euphorisante naturelle, intervient pour soulager la douleur ressentie.  Le taux d’endorphines est lié à l’intensité de la pratique, il peut mettre plusieurs jours à redescendre. On ne devient pas dépendant mais il est mieux d’espacer les séances. Par conséquent, le corps et l’esprit ont le temps de revenir à la normale.

La pratique entraîne chez l’attaché dans un état modifié de conscience. De fait, la prise de décision/ la conscience de soi sont altérées.  Aussi, il est important de ne pas consommer de substances récréatives ou d’alcool avant la session. Ceci a pour conséquence de ne pas fausser la perception des sensations et biaiser un consentement éclairé.

Il vaut mieux manger avant une session et prévoir des activités calmes après.

Négocier un cadre, poser des limites

Pour anticiper sur cet état modifié de conscience, une discussion en amont de la session afin négocier un cadre de jeu est nécessaire. C’est également le moment de prendre des renseignements sur l’état moral et physique de la personne attachée (diabète, asthme, pb cardio, épaule luxée…). Ces informations sont très importantes.

Concrètement: il faut se renseigner sur les aspirations de chacun les envies/ non-envies (interactions et jeux) AVANT de démarrer. Ce n’est pas une fois qu’on est ligoté(e) qu’on négocie ses limites.

Important: Les attacheurs doivent rassurer l’attaché(e) sur le fait qu’à tout moment iel peut retirer son consentement sans avoir à se justifier.

Cette négociation de séance est indispensable !
Elle doit pouvoir être abordée sereinement et sans détours.
Comment oser prendre la responsabilité d’attacher une personne sans lui parler des risques éventuels ni assumer ses intentions ? 

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